Archive de Catégorie pour ‘Dessin de tendresse’.

L’offrande du regard d’amour, en dessin comme dans la vie, c’est l’activation d’un regard qui embrasse au-delà de tous les jugements, différences et séparations.

Ce n’est pas quelque chose qui se commande. Personne ne peut exiger de lui-même ou de l’autre d’aimer.

L’amour ne se commande pas, il se donne, sans quoi ce n’est plus vraiment de l’amour, mais plutôt des faveurs extirpées par la pression, par la manipulation et par la peur.

L’amour vient en aimant.

Le premier pas sur le chemin de l’amour, c’est d’aimer.

Comment peut-on commencer à aimer, si l’amour ne se commande pas ?

En faisant un premier pas, en commençant par le plus petit geste possible.

Si je veux allumer un grand feu, cela me demande d’abord d’allumer une toute petite allumette à partir de laquelle je peux transmettre cette flamme à d’autres brindilles autour, qui elles-mêmes vont enflammer de plus gros morceaux de bois.

Il en va de même avec le regard d’amour.

Pour le dessin, commencez par dessiner ce qui vous inspire de la tendresse. Cela peut être n’importe quoi, quelques feuilles qui tremblent dans le vent, un petit animal endormi, deux mains qui se tiennent… peu importe. Puis prendre le temps d’offrir cet amour en caressant tendrement les formes de ce que vous dessinez. N’ayez aucun souci du résultat, à savoir si vous allez réussir à faire un « beau dessin » qui va vous attirer des compliments. Concentrez-vous sur une seule chose : donner de l’amour.

Plus vous pratiquerez, plus cet amour va grandir, et vous le verrez  se propager comme un feu à des tas de choses auxquelles vous étiez indifférents, ou même qui vous inspirait du mépris ou du dégoût. Plus la pratique est intense, plus le foyer de tendresse est rayonnant, plus l.’amour offert va embrasser grand et large.

Tout va vous sembler devenir « aimable ». Ce que la tête juge comme une imperfection corporelle, comme quelque chose que l’on voudrait changer ou corriger, comme par exemple un nez ou un ventre qui sort de la norme, tout cela va être accueilli dans la tendresse et l’amour !

Vitesse obligée ! La vie contemporaine est à l’image de la circulation routière sur les autoroutes.

Chaque véhicule est dans l’obligation de maintenir une certaine vitesse sous peine de se faire heurter. Les décisions de conduite doivent se prendre rapidement et sans hésiter, personne n’ayant la liberté de s’arrêter à l’entrée d’un échangeur pour réfléchir à son itinéraire et à sa destination.

Sur ces circuits routiers entièrement conçus pour être les plus fonctionnels et rapides, aucune possibilité de rencontre intime. Chacun, emprisonné dans son véhicule, suit son propre itinéraire.

Pour que deux individus puissent réellement se faire une accolade et échanger, ils n’ont d’autres choix  que d’emprunter une voie de service, de ralentir et de s’arrêter dans un endroit tranquille pour ouvrir leurs fenêtre et porte.

Il en va ainsi avec le dessin : aucune possibilité de rencontre intime avec le sujet sans ralentir.

En fait, le dessin en lui-même est un frein au rythme trépident de la vie urbaine.

C’est dans ce ralentissement obligatoire qu’il est possible de rencontrer celui que l’on ne voyait pas : l’enfant, le plus vulnérable, …et soi-même.

Larmes pour la terre, esquisse au graphite

C’est aussi dans cette écoute et cette lenteur qu’apparaît ce qui était caché dans les profondeurs, les blessures occultées et aussi la compassion, l’amour qui guérit.

Et c’est en cet instant, dans ce temps d’arrêt, à l’écoute du corps et des racines de la vie que sont remontées ces quelques larmes, des larmes pour la terre.

Larmes pour la terre, détail

Une seule chair …sous le toucher du non-voyant

L’aveugle lit du bout de ses doigts, il effleure les êtres vivants et objets qui l’entourent, sans aucune idée préconçue, allant de surprise en surprise, les formes se transformant sans cesse au gré de ses explorations.

Rien d’immobile dans sa vision, rien de fixé dans un instantané qui photographie et fige un aspect de la réalité.

Tout part d’un flou, d’un non-savoir, d’un espace vierge dans lequel les êtres prennent momentanément formes pour ensuite disparaître dans la nuit de l’inconnaissance.

Fermez les yeux et allez à la découverte des êtres qui vous entourent, dessinez-les progressivement dans chaque effleurement, donnez leur forme en multipliant les caresses de vos doigts dans tous les sens, et vous aurez un portrait beaucoup plus tendre, sensible et aimant de la vie que celui saisi par un obturateur photographique.

Esquisse de visage

L’artisan du dessin de tendresse ne voit pas, il découvre sous la mine tendre de son crayon les diverses manifestations d’une seule et unique vie, d’une seule et unique chair, d’un seul et unique amour.

Esquisse de deux chatons

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